UE, Belgique & FranceMis à jour le 4 août 20266 min de lecture

Un produit est périmé : que faire ?

Le PAO expire presque toujours avant la date de péremption, et c'est celui qu'on oublie. Comment distinguer les deux, réagir, et savoir si le produit a déjà été utilisé.

La péremption est le risque le plus banal et le plus fréquent de votre métier. Contrairement au rappel européen, qui est rare et spectaculaire, elle arrive tous les mois, en silence, au fond d'un tiroir. Et contrairement au rappel, personne ne la publie : c'est à vous de la surveiller.

Deux dates, deux logiques

La date de péremption

Elle concerne le produit non ouvertet découle de la stabilité de la formule : au-delà, le fabricant ne garantit plus ni la composition, ni l'absence de dégradation. Elle apparaît sous les mentions « EXP », « à utiliser avant » ou une date suivie d'un sablier.

Le PAO, période après ouverture

C'est le petit pictogramme de pot ouvert accompagné de « 6 M », « 12 M », « 24 M ». Il indique combien de mois le produit reste utilisable une fois ouvert, l'ouverture exposant la formule à l'air et aux micro-organismes.

D'où une habitude qui coûte cinq secondes et règle le problème : noter la date d'ouverture sur le contenant, au marqueur, le jour où vous le débouchez.

Ce qu'il faut faire quand un produit est périmé

  • Ne pas l'utiliser.Un produit périmé peut avoir perdu son efficacité, changé de pH, ou développé une contamination invisible à l'œil. « Il a l'air normal » n'est pas un critère.
  • Le sortir du poste de travail immédiatement.Tant qu'il reste à portée de main, il finira par être utilisé un jour de rush.
  • Noter la date de retrait et la quantité restante. C'est ce qui distingue un professionnel qui gère d'un professionnel qui subit.
  • L'éliminer selon la filière appropriée. Selon la nature du produit et votre pays, un cosmétique professionnel ne se jette pas nécessairement avec les ordures ménagères : renseignez-vous auprès de votre fournisseur ou de votre commune.

Et s'il a déjà servi ?

C'est la question désagréable, et c'est celle qui justifie de tenir un registre. Si vous découvrez qu'un produit était périmé lors de séances passées, vous devez pouvoir répondre à trois questions :

  • depuis quand exactement le produit était-il périmé ;
  • quelles séances ont eu lieu après cette date avec ce lot ;
  • quels clients sont concernés.

Sans registre reliant le produit à la séance, aucune de ces trois questions n'a de réponse. Avec un registre, les trois se résolvent en une recherche. La conduite à tenir ensuite dépend du produit et du risque : en cas de doute sur un effet indésirable, orientez la personne vers un professionnel de santé et, en France, pensez au dispositif de tatouvigilance pour les produits de tatouage et de maquillage permanent.

Anticiper : trois réflexes

  • Noter la date d'ouverturesur chaque contenant, au moment où vous l'ouvrez.
  • Enregistrer la péremption et le PAO dès la réception du produit, pas au moment où vous le cherchez.
  • Être prévenu avant l'échéance, pas le jour même. Une alerte quelques semaines à l'avance vous laisse le temps de réapprovisionner ; une alerte le jour J vous laisse un trou dans votre planning.

Sources et textes de référence

  • Règlement (CE) n° 1223/2009 — produits cosmétiques : date de durabilité minimale et période après ouverture parmi les mentions d'étiquetage.
  • Règlement (UE) 2020/2081 — annexe XVII entrée 75 : mentions applicables aux encres de tatouage et pigments de maquillage permanent.
  • ANSES — tatouvigilance : déclaration des effets indésirables avec identification du produit en cause.

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