Épilation IPL et laser esthétique : Belgique vs France
La divergence la plus importante du secteur : en France, les esthéticiens qualifiés peuvent pratiquer l'IPL depuis 2024 ; en Belgique, c'est un acte médical réservé aux médecins.
L'épilation à la lumière pulsée intense (IPL) et au laser à visée esthétique est l'une des prestations les plus demandées en institut de beauté — et l'une des plus réglementées. Le cadre légal diverge radicalement entre la France et la Belgique: ouvert aux esthéticiens qualifiés en France depuis 2024, il reste réservé aux médecins en Belgique. Un salon qui ignore cette distinction expose son exploitant à des poursuites pénales dans un pays, alors qu'il exercerait légalement dans l'autre.
France : ouvert aux esthéticiens qualifiés depuis 2024
Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 (publié au Journal officiel de la République française) a mis fin au monopole médical sur les actes esthétiques à la lumière pulsée et au laser à visée non thérapeutique. Les praticiens autorisés sont désormais :
- les médecins ;
- les infirmiers diplômés d'État agissant dans leur champ de compétences ;
- les esthéticiens qualifiés (ou les personnes agissant sous leur contrôle effectif et permanent).
La formation obligatoire a été précisée par l'arrêté du 19 février 2025. Ce texte définit les modules de formation théorique et pratique que doit suivre un esthéticien avant de pratiquer ces actes.
Belgique : acte médical, réservé au médecin
En Belgique, les actes impliquant un laser ou une lumière pulsée à visée esthétique relèvent du cadre de l'acte médical. Deux textes encadrent ce domaine :
- La loi du 23 mai 2013 réglementant les qualifications requises pour poser des actes de médecine esthétique non chirurgicale et de chirurgie esthétique.
- La loi Qualité du 22 avril 2019, qui renforce les obligations de qualification des prestataires de soins de santé.
Conséquence pratique : seul un médecin peut légalement pratiquer l'épilation IPL et laser en Belgique. Un institut de beauté ou un centre esthétique qui propose ces services doit les faire réaliser par un médecin — pas par une esthéticienne, même très qualifiée.
Suisse : certificat de compétence obligatoire depuis juin 2024
La Suisse a adopté une approche intermédiaire. La Loi fédérale sur la protection contre les dangers liés au rayonnement non ionisant et au son (LRNIS)et son ordonnance d'application (O-LRNIS), entrées en vigueur le 1ᵉʳ juin 2019, réglementent les traitements esthétiques utilisant le rayonnement non ionisant. Un certificat de compétence est obligatoire depuis le 1ᵉʳ juin 2024pour toute personne pratiquant ces actes dans un cadre esthétique. L'autorité compétente est l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).
Les deux régimes en un coup d'œil
En Belgique — Acte médical — réservé au médecin
IPL et laser à visée esthétique = exercice de la médecine. Cadre : loi du 23/05/2013 et loi Qualité du 22/04/2019. Aucune dérogation pour les esthéticiens, quelle que soit leur formation.
Un institut qui propose ces prestations doit engager un médecin pour les réaliser. Il ne peut pas déléguer à une esthéticienne.
En France — Ouvert aux esthéticiens qualifiés — avec formation obligatoire
Décret n° 2024-470 du 24/05/2024 + arrêté du 19/02/2025. Formation théorique et pratique obligatoire avant la première pratique. Actes réservés aux esthéticiens qualifiés (sous contrôle effectif et permanent possible).
Appareils concernés : lampes à lumière pulsée intense et lasers à visée non thérapeutique.
Cabines UV (bronzage) : un régime à part
Les cabines de bronzage UV(solariums) ne relèvent pas du même cadre que l'IPL esthétique. En France, leur exploitation est encadrée par le décret n° 2013-1261 du 27 décembre 2013, qui impose :
- un certificat de compétence de l'exploitant, valable 5 ans et renouvelable ;
- la déclaration des appareils auprès de la DGCCRF ;
- la fourniture obligatoire de lunettes de protection aux utilisateurs ;
- l'interdiction aux personnes de moins de 18 ans.
En Suisse, les solariums sont soumis à l'O-LRNIS, avec interdiction d'accès aux mineurs également. En Belgique, le cadre des solariums est distinct de celui de l'IPL médical.
À retenir
- En France : IPL et laser esthétique ouverts aux esthéticiens qualifiés depuis le décret 2024-470, sous réserve de la formation (arrêté 19/02/2025) ;
- en Belgique : acte médical réservé au médecin — aucune dérogation pour les esthéticiens ;
- en Suisse : certificat de compétence O-LRNIS obligatoire depuis le 1ᵉʳ juin 2024 ;
- l'autorisation française n'a aucune valeur en Belgique — deux marchés, deux droits ;
- cabines de bronzage en France : certificat 5 ans (décret 2013-1261) + interdiction des mineurs.
Sources et textes de référence
- Décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 (Légifrance) — actes esthétiques à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique : ouverture aux esthéticiens qualifiés en France.
- Décret n° 2013-1261 du 27 décembre 2013 (Légifrance) — exploitation de cabines de bronzage UV en France : certificat de compétence, déclaration, protection des mineurs.
- Loi Qualité du 22 avril 2019 (ejustice.just.fgov.be) — qualifications requises des prestataires de soins en Belgique.
- AAM Solutions — Soins esthétiques réglementés, libres et acte médical en Belgique (synthèse pédagogique du cadre belge).
- OFSP (Suisse) — Traitements utilisant le rayonnement non ionisant — ordonnance O-LRNIS, certificat de compétence obligatoire depuis le 1ᵉʳ juin 2024.
- DGCCRF — Cabines de bronzage (France) : contrôle de conformité, résultats d'enquête.
Ce guide concerne
À lire aussi
Conservation des fiches clients (RGPD)
Le RGPD impose de ne pas garder les données plus longtemps que nécessaire, mais la traçabilité sanitaire impose un minimum. Comment trancher honnêtement.
TPO interdit dans les cosmétiques depuis septembre 2025
Gels UV pour ongles, photoinitiateurs : ce que l'interdiction du TPO change pour les prothésistes et les professionnels des soins esthétiques.
Un produit que vous utilisez est rappelé
Un rappel européen vise des numéros de lot précis, pas une marque entière. Voici comment vérifier si vous êtes concerné, retrouver les clients exposés, et garder une trace de ce que vous avez fait.
Un produit est périmé : que faire ?
Le PAO expire presque toujours avant la date de péremption, et c'est celui qu'on oublie. Comment distinguer les deux, réagir, et savoir si le produit a déjà été utilisé.
Tenir tout cela à jour à la main, c'est lourd.
TraceSafe automatise le registre, le consentement et la veille Safety Gate. Conçu pour le SPF Santé publique belge et adapté aux exigences françaises.